Les deniers (oros)
Selon l'usage le plus répandu, ils parlent d'argent, de biens, de travail rémunéré et de tout ce qui se compte. Beaucoup de deniers dans un tirage orientent la lecture vers les questions matérielles.
Au Maroc, quand on « tire les cartes », c'est presque toujours avec le jeu espagnol de 40 cartes, celui qui sert aussi aux parties de ronda. Voici comment il est composé, ce que l'on prête habituellement à chaque carte et comment se lit un tirage.
Le jeu que l'on appelle couramment « marocain » n'a pas été inventé au Maroc. C'est la baraja española, le jeu de cartes espagnol, dans sa version courte de 40 cartes. On le trouve dans les épiceries, sur les tables des cafés et dans la plupart des foyers, parce qu'il sert d'abord à jouer, notamment à la ronda. La lecture des cartes n'est qu'un de ses usages, à côté d'autres pratiques populaires de divination comme la lecture du marc de café ou du plomb fondu. Ces usages appartiennent à un ensemble plus large de traditions d'Afrique du Nord, que présente notre page sur la voyance berbère.
Ce point a son importance : il n'existe pas un jeu spécial réservé aux voyantes. Le même paquet sert à la partie du soir et au tirage, et c'est la manière de le disposer et de le lire qui change tout.
Quarante cartes, quatre enseignes. Le paquet compte quatre enseignes de dix cartes chacune. Dans chaque enseigne, on trouve les cartes numérotées de 1 à 7, puis trois figures : le valet (sota en espagnol, numéroté 10), le cavalier (caballo, numéroté 11) et le roi (rey, numéroté 12). Les 8 et les 9, présents dans la version longue de 48 cartes, sont retirés.
Les noms des enseignes. En français, on parle de deniers, de coupes, d'épées et de bâtons. En espagnol, ce sont les oros, les copas, les espadas et les bastos. En darija, chaque enseigne a aussi son nom d'usage, qui varie d'une région et d'une famille à l'autre.
Pas de dame dans le jeu. Contrairement au jeu français de 52 cartes, il n'y a ni dame ni as au sens habituel : la carte 1 de chaque enseigne porte une grande figure unique, une pièce, une coupe, une épée ou un bâton. Dans un tirage, l'absence de figure féminine oblige à lire autrement les personnes qui apparaissent, comme on le verra plus bas.
Les significations ci-dessous sont celles que l'on rencontre le plus souvent. Elles varient selon les usages, les régions et les familles : aucune n'est une règle.
Selon l'usage le plus répandu, ils parlent d'argent, de biens, de travail rémunéré et de tout ce qui se compte. Beaucoup de deniers dans un tirage orientent la lecture vers les questions matérielles.
On leur associe les sentiments, la famille, la maison et les moments de joie. C'est l'enseigne que l'on cherche du regard quand la question porte sur l'amour ou sur un proche.
Elles évoquent le plus souvent les obstacles, les disputes, les décisions difficiles ou la maladie. Leur présence invite à la prudence, pas à la peur : une épée signale une tension à regarder en face.
Ils sont reliés à l'action, aux démarches, aux déplacements et aux projets en cours. Une série de bâtons se lit souvent comme une période chargée, où les choses bougent.
Les figures représentent en général des personnes, et les cartes numérotées des situations ou des événements. Là encore, les lectures diffèrent d'une famille à l'autre ; ce qui suit décrit les tendances que l'on retrouve le plus souvent.
Le valet, le cavalier et le roi. Le valet est souvent lu comme une personne jeune, un enfant ou un message qui arrive. Le cavalier évoque un mouvement : un voyage, une nouvelle, quelqu'un qui vient ou qui part. Le roi désigne une personne mûre, une autorité ou le consultant lui-même lorsqu'il s'agit d'un homme. Comme le jeu n'a pas de dame, certaines lectrices réservent au valet ou au cavalier de coupe le rôle de la femme dans un tirage amoureux ; d'autres choisissent une carte au départ pour représenter la personne qui consulte.
Les cartes 1, porteuses de l'enseigne. Le 1 de deniers est fréquemment associé à une bonne nouvelle d'argent, le 1 de coupes à la maison ou à un bonheur familial, le 1 d'épées à une décision tranchante ou à une épreuve, le 1 de bâtons à un commencement ou à une énergie nouvelle. Leur grande image unique en fait des cartes fortes, que l'on regarde en premier.
Les petites cartes. Les cartes de 2 à 7 nuancent l'enseigne. Un chiffre bas évoque souvent une situation qui commence ou reste modeste, un chiffre haut une situation installée ou plus intense. Le 7 de deniers, par exemple, est souvent lu comme une rentrée d'argent plus importante que le 2 de deniers. Cette progression n'a rien d'universel, mais elle aide à lire un tirage sans connaître par cœur le sens de chaque carte.
Formulez une question précise, de préférence ouverte (« comment évolue ma situation au travail ? » plutôt que « vais-je être promu ? »). Battez les cartes longuement, puis coupez le paquet, ou faites-le couper par la personne qui consulte.
Tirez une seule carte du dessus du paquet. Elle donne la tonalité générale de la réponse : l'enseigne indique le domaine, le chiffre ou la figure en précise l'intensité ou la personne concernée. C'est le tirage le plus rapide, utile pour une question du jour.
Posez trois cartes de gauche à droite. Selon l'usage le plus courant, la première parle du passé ou de la cause, la deuxième de la situation présente, la troisième de l'évolution possible. On lit chaque carte, puis le passage de l'une à l'autre.
Disposez quatre cartes en croix et une au centre. Le centre représente la question, la gauche ce qui la favorise, la droite ce qui la freine, le haut l'évolution, le bas le conseil ou la synthèse. Ce tirage laisse davantage de place aux nuances.
Une carte seule dit peu de chose. C'est l'ensemble du tirage qui donne le sens : les enseignes dominantes, les figures présentes, la façon dont les cartes se suivent. C'est aussi là que la lecture devient personnelle, et que deux lectrices peuvent dire des choses différentes du même tirage.
Repérer l'enseigne dominante. Commencez par compter les enseignes. Trois coupes sur cinq cartes orientent la réponse vers les sentiments, même si la question portait sur le travail. Une majorité d'épées signale une période de tension. Ce simple comptage donne déjà une direction générale.
Lire les voisinages. Une carte se lit ensuite à la lumière de ses voisines. Une épée posée à côté d'un roi peut désigner un conflit avec une personne d'autorité ; un cavalier près des deniers, un déplacement lié au travail ou à l'argent ; un valet entre deux coupes, une nouvelle heureuse dans la famille. Ces associations sont des pistes que chaque lectrice adapte.
Les paires et les séries. Deux ou trois cartes de même valeur, deux rois ou trois 7 par exemple, attirent l'attention et renforcent ce que l'enseigne annonce. Une suite de chiffres dans la même enseigne se lit souvent comme une évolution progressive. Ici encore, l'usage varie, et il vaut mieux garder une lecture prudente qu'appliquer une grille rigide.
Noter et relire. Écrivez les cartes sorties et votre première lecture. Relire un tirage quelques jours plus tard montre souvent ce qu'il voulait dire, ou ce que l'on y avait projeté.
Le jeu espagnol et le tarot de Marseille partagent les mêmes quatre enseignes latines : deniers, coupes, épées et bâtons. Le tarot de Marseille compte pourtant 78 cartes, dont 22 arcanes majeurs, ces lames illustrées comme le Bateleur, la Lune ou le Monde, qui n'ont pas d'équivalent dans le jeu de 40 cartes.
Un jeu plus court, une lecture plus directe. Sans arcanes majeurs, la lecture repose entièrement sur les enseignes, les chiffres et les figures. Elle est souvent plus concrète, tournée vers les questions de la vie courante : l'argent, la famille, un voyage, une démarche. Le tarot, avec ses grandes images symboliques, se prête davantage à une lecture psychologique ou introspective.
Un savoir transmis plutôt qu'écrit. Les significations du tarot de Marseille sont décrites dans de nombreux ouvrages. Celles du jeu de 40 cartes au Maroc se transmettent surtout oralement, dans les familles et entre voisines. C'est pourquoi elles varient autant, et pourquoi aucun tableau ne peut prétendre donner le sens unique de chaque carte. Pour situer cette pratique parmi les autres arts divinatoires du monde arabe, voyez notre article sur la voyance arabe.
Plusieurs sites proposent de tirer des cartes à l'écran. Le principe est simple : un programme mélange un jeu virtuel, vous choisissez des cartes, un texte rédigé à l'avance s'affiche pour chacune.
Ce qu'un tirage automatique peut apporter. Il permet de se familiariser avec les enseignes et les figures, et d'apprendre à poser une question. Le hasard du tirage est réel. Pour une première approche, sans engagement ni paiement, c'est un exercice utile. Les offres de ce type sont présentées dans notre page sur la voyance marocaine gratuite.
Ce qu'il ne peut pas faire. Le texte affiché est le même pour toutes les personnes qui tirent la même carte. Il ne tient compte ni des cartes voisines, ni de votre histoire, ni de la façon dont vous avez posé la question. Or c'est justement la lecture de la combinaison qui fait l'intérêt du jeu. Une carte d'épée affichée seule, avec un texte inquiétant, peut troubler sans raison : elle ne dit rien de plus qu'une carte tirée au hasard.
Méfiez-vous des tirages qui vendent un remède. Un tirage qui annonce un blocage, un sort ou une rivale, puis propose un rituel, un talisman ou un désenvoûtement payant, relève d'un procédé commercial. Aucune carte ne justifie un achat de ce genre. Si vous cherchez une consultation dans votre langue, notre guide de la voyance gratuite en arabe explique ce que valent les offres et ce qu'il faut vérifier avant de payer.
Les plus utilisées sont le tarot de Marseille, les oracles illustrés et les jeux de cartes ordinaires. Au Maroc, c'est le jeu espagnol de 40 cartes qui domine, avec ses quatre enseignes : deniers, coupes, épées et bâtons.
Un tirage ne prédit pas l'avenir au sens strict. Il propose une lecture de la situation à partir de cartes tirées au hasard, que l'on interprète selon leur enseigne, leur valeur et leurs voisines. La qualité de la lecture dépend de la question posée et de la personne qui lit.
Aucun jeu n'est meilleur en soi. Le tarot de Marseille, avec ses 78 cartes, offre une lecture riche en symboles ; le jeu espagnol de 40 cartes, une lecture plus concrète et plus rapide à apprendre. Le bon jeu est celui dont on connaît bien les cartes.
Formulez une question précise, battez et coupez le paquet, puis tirez une, trois ou cinq cartes selon le tirage choisi. Lisez d'abord l'enseigne dominante, ensuite chaque carte, enfin les liens entre elles, et notez le résultat pour le relire plus tard.
Non. Un paquet espagnol de 40 cartes, celui que l'on utilise pour la ronda, suffit. Si vous avez un jeu de 48 cartes, retirez les 8 et les 9.
Non. Les grandes tendances se ressemblent, mais le sens précis de chaque carte change selon les régions, les familles et les personnes qui lisent. Un tableau de significations reste une aide, jamais une règle.
Les cartes ouvrent une piste. Pour la confronter à votre situation, une consultation permet d'en parler avec quelqu'un.
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